Copropriété · Paris
MaPrimeRénov' Copropriété : comment ça marche, étape par étape
Dans une copropriété, rénover, ce n'est jamais l'affaire d'une seule personne. Il faut convaincre, voter, financer, coordonner. Et quand on ajoute une aide publique, les questions s'enchaînent : sommes-nous éligibles ? qui dépose le dossier ? combien peut-on espérer ? Chez Anna'Rénov, nous sommes référencées par la délégation Anah des Bouches-du-Rhône comme assistante à maîtrise d'ouvrage (AMO) MaPrimeRénov' Copropriété. Voici le fonctionnement de l'aide, tel que nous l'expliquons aux conseils syndicaux.
MaPrimeRénov' Copropriété, en deux mots
C'est une aide de l'Anah versée au syndicat des copropriétaires (et non à chaque copropriétaire) pour financer des travaux de rénovation énergétique sur les parties communes, ainsi que certains travaux d'intérêt collectif sur les parties privatives, décidés par le syndicat.
Son intérêt : elle finance un projet global, pensé pour tout l'immeuble, plutôt qu'une addition de petits travaux. Et elle peut s'accompagner de primes individuelles pour les copropriétaires occupants aux revenus modestes.
Votre copropriété est-elle éligible ?
Selon les règles publiées par l'Anah pour 2026, la copropriété doit notamment :
- être immatriculée au registre national des copropriétés, avec des informations à jour ;
- être majoritairement à usage d'habitation principale : au moins 75 % des lots (ou 65 % pour les copropriétés de 20 lots ou moins) ;
- concerner un immeuble achevé depuis au moins 15 ans ;
- réaliser une évaluation énergétique de l'immeuble, avant et après travaux ;
- viser un gain énergétique d'au moins 35 % ;
- faire appel à des entreprises RGE ;
- être accompagnée par une AMO, qui est obligatoire.
Les travaux aidés portent sur l'isolation (murs, toiture, planchers bas), les menuiseries extérieures, la ventilation, et le chauffage ou l'eau chaude sanitaire. L'installation ou le remplacement d'une chaudière fonctionnant aux énergies fossiles n'est pas financé.
Chez Anna'Rénov, on voit souvent des copropriétés bloquées sur un point tout bête : l'immatriculation pas à jour. C'est la première chose à vérifier avec votre syndic.
Combien la copropriété peut-elle obtenir ?
L'aide principale
D'après le guide des aides de l'Anah (édition 2026) :
- 30 % du montant des travaux pour un gain énergétique d'au moins 35 % ;
- 45 % pour un gain d'au moins 50 % ;
- dans la limite de 25 000 € de travaux par logement.
Les bonus possibles
- +10 points si l'immeuble est classé F ou G avant travaux et atteint au moins la classe D (« sortie de passoire ») ;
- +20 points pour les copropriétés fragiles ou en difficulté, à condition que les certificats d'économies d'énergie (CEE) soient valorisés exclusivement par l'Anah.
Ces bonus se cumulent entre eux.
Les primes individuelles
En plus de l'aide au syndicat, les copropriétaires occupants peuvent recevoir une prime selon leurs revenus : 3 000 € par logement pour les ménages très modestes et 1 500 € pour les ménages modestes. Les plafonds de revenus changent chaque année : votre AMO vous aide à recenser les copropriétaires concernés.
Les CEE peuvent, selon les cas, venir compléter le financement. C'est à étudier au moment du plan de financement, en fonction des travaux et des règles en vigueur.
Le rôle de l'AMO : votre fil conducteur
L'assistance à maîtrise d'ouvrage est obligatoire, et c'est une bonne chose. L'AMO n'est pas là pour faire les travaux (elle ne peut d'ailleurs pas être une entreprise qui les réalise), mais pour accompagner le syndicat sur trois volets :
- technique : évaluation énergétique, construction du programme de travaux, suivi ;
- social : enquête auprès des occupants, repérage des copropriétaires qui peuvent prétendre aux primes individuelles ;
- financier : plan de financement, montage des dossiers d'aide, demandes de paiement.
Bonne nouvelle : la prestation d'AMO est elle-même financée à 50 % par l'Anah, avec un plafond de dépenses de 1 000 € HT par logement pour les copropriétés de 20 logements ou moins, et de 600 € HT par logement au-delà, avec un plancher de 3 000 € par copropriété. La demande d'aide pour l'AMO peut être déposée avant celle pour les travaux. Dans certains territoires, l'AMO est prise en charge dans le cadre d'un dispositif porté par la collectivité : renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre métropole.
Les étapes, du premier échange au versement de l'aide
1. Le déclic et le premier diagnostic
Souvent, tout part d'un conseil syndical qui constate des charges de chauffage qui grimpent ou une façade qui se dégrade. On commence par regarder les documents existants (DPE collectif, audit, diagnostic technique global) et l'état de l'immeuble.
2. Le choix de l'AMO et le vote en assemblée générale
Le syndicat contractualise avec son AMO. C'est en général l'occasion d'une première résolution en assemblée générale.
3. L'évaluation énergétique et les scénarios
L'AMO, avec un bureau d'études thermiques, réalise l'évaluation énergétique et propose des scénarios de travaux. On compare les gains, les coûts et les aides pour chaque option. C'est le moment de répondre aux questions des copropriétaires, pas seulement en réunion mais aussi au cas par cas.
4. La maîtrise d'œuvre et les devis
Une maîtrise d'œuvre conçoit le projet en détail et consulte les entreprises RGE. Les frais de maîtrise d'œuvre peuvent être intégrés aux dépenses subventionnables.
5. Le vote des travaux et le dépôt du dossier
L'assemblée générale vote le programme de travaux et son financement. L'AMO dépose ensuite la demande d'aide auprès de l'Anah, avec les primes individuelles des copropriétaires concernés.
6. Les travaux et le versement
Une fois l'aide accordée, le chantier démarre. À la fin, l'AMO prépare les demandes de paiement. Si le projet a changé en cours de route, une nouvelle évaluation énergétique doit être fournie au plus tard à ce moment-là.
Les délais dépendent de la vie de la copropriété (dates d'AG, syndic) et du traitement par l'Anah : anticipez.
Et les petites copropriétés ?
L'Anah mène une expérimentation pour les petites copropriétés, jusqu'au 31 décembre 2029, qui permet d'accéder à l'aide avec un gain énergétique plus faible, sous conditions (notamment un suivi par une collectivité et un audit ou un diagnostic technique global). Les modalités exactes sont à vérifier au moment de votre projet : nous regardons avec vous si votre immeuble peut en bénéficier.
Questions fréquentes
Chaque copropriétaire doit-il faire sa propre demande ? Non. L'aide principale est demandée par le syndicat des copropriétaires, via l'AMO. Seules les primes individuelles concernent directement certains copropriétaires occupants, et elles sont déposées en même temps, de façon groupée.
Peut-on cumuler MaPrimeRénov' Copropriété avec MaPrimeRénov' individuel pour les mêmes travaux ? Non, pas pour les mêmes travaux. En revanche, un copropriétaire peut, selon sa situation, mobiliser d'autres aides pour des travaux dans son propre logement.
Notre syndic peut-il être notre AMO ? L'AMO est un prestataire choisi par le syndicat, qui ne peut pas être une entreprise réalisant les travaux. Dans la pratique, il est préférable de confier cette mission à un professionnel de la rénovation énergétique, qui travaille main dans la main avec le syndic et le conseil syndical.
Votre immeuble a-t-il un projet qui sommeille ?
Que vous soyez membre du conseil syndical, syndic ou simple copropriétaire motivé, écrivez-nous via notre formulaire de contact. Nous regardons avec vous l'éligibilité de votre copropriété et les prochaines étapes avant votre assemblée générale. Nous intervenons à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône, mais aussi à Paris et en Île-de-France, en Charente et en Corse.